MEXICO dans ta face
Une vie de voyages en photos et en histoires vécues
Gorditas
Categories: M e x p a t

L’endroit est luxueux, aéré, voir même futuriste. On se promène doucement devant les magasins des marques de luxe que l’on ne doit surtout pas porter sous peine de se faire agresser. Le nom sonne comme un film de science-fiction « Antara ». On se croit dans le film Gatacca. Ce film où la société est divisée entre ceux qui ont le sang de l’élite et les autres. Séparés. Alimentant les différences. Je me sens un peu comme le héros du film qui finit par obtenir son statut social en usurpant son identité. Toujours ce sentiment tenace de voler ma position sociale par mon statut d’expat. Je ne comprends toujours pas ce pays. Malaise. Je ne comprends pas ici, les mots, corruption, argent, réussite sociale et leur implication.

Dans les vitrines, les mannequins filiformes arborent des lingeries victoria secret, qui sonnent comme une promesse d’un monde meilleur, formaté pour l’élite. Il fait une douce chaleur en ce milieu de journée. On se laisse glisser de boutique en boutique en se demandant bien à quoi tout cela peut bien servir si ce n’est à attirer la convoitise d’autrui. Mon costume ne me gêne plus, ma cravate me donne le droit d’être de ce monde. L’expat dans toute sa gloire et son ambiguïté. Je glisse.

Il est grand temps de trouver de quoi s’alimenter. A l’étage, l’immense centre commercial à ciel ouvert propose ce que propose la majorité de ces endroits au Mexique : une sorte d’alignement de fast foods. Tout y est. Il n’en manque pas un. Des pizzas sur grasses de pizza hut, aux burgers dégoulinants du mac do, en passant par les locaux comme gorditas ou tacos inn. Le Mexique semble avoir suivi les Etats-unis dans leurs délires caloriques et il est bien difficile de trouver une nourriture un tant soit peu équilibrée.

Je commande.

Un truc de tacos.

Avec de la viande dedans.

Et d’autres trucs aussi. Mon foie crie pitié. Je n’ai jamais écouté mon corps, je ne vais pas commencer aujourd’hui. Le chico me donne une sorte de plaque en bois avec un numéro et me prie de m’asseoir à l’une des nombreuses tables.

La foule se presse. On mange tard pour le déjeuner ici. Les jeunes cadres dynamiques promènent leurs cravates devant les photos criardes des menus. Je réalise alors que beaucoup d’entre eux viennent souvent manger ici si j’en juge par leur tour de ceinture. Homme comme femme. La nutrition ne fait pas de cadeaux.

Soudain la table se met à vibrer…Caramba ! mon numéro est équipé d’un truc qui vibre quand mon menu « gordita » est prêt. Putain on aura tout vu… « Gordita » en espagnol signifie : « grassouillette », il fallait être vraiment un mec de marketing gonflé pour foncer dans le tas et trouver un nom si approprié. Mon menu baigne dans sa sauce pimentée, la galette à un goût de carton et la viande de vomi. Je me mets à penser qu’aucune des filles qui mangent autour de moi ne rentrera jamais dans les tenues victoria secret de l’étage du dessous…La nature prend sa revanche sur l’élite…

1 Comment to “Gorditas”

  1. Gorditas says:

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