MEXICO dans ta face
Une vie de voyages en photos et en histoires vécues
On the road again: les sous-titres…
Categories: M e x c l u s i o n

 

julien gaillard Mexico

Fouiller sa poche. Palper, refouiller sa poche. Y trouver la clef ronde et chaude. Sans y penser, presser la télécommande. Réaction immédiate de l’acier noir et froid. Clignement de phares. Rassurant. Sentiment fugace de propriété. tirer sur la poignée et découvrir encore une fois le confort d’un siège vaguement réglable. Planter l’ipod dans son doc, glisser la clef à droite du volant, un peu plus bas , oui la. A droite. balancer le téléphone dans les portes-gobelets, vérifier qu’il reste suffisamment de monnaie pour le “viene viene” et les péages dans le vide poches. Se sentir englouti pas le siège, passer sa main sur le volant, en sentir la texture familière.

Tourner la clef, ajuster l’air conditionné.

Balancer le son. Ouf! Hospital records vient de sortir son nouveau podcast. Promesse de pures basses pour au moins une heure. Faire glisser la poignée de la boîte tiptronic sur D. D comme quoi ? débile? dément ? dérisoir? enfoncer l’accélérateur, et décoller. C’est parti pour une bonne grosse heure de condensé de comportements déviants sur une route défoncée. Le mexicain m’étonne encore au quotidien. Il fait preuve d’une sorte de politesse poussée à l’extrême hors de sa voiture. Dans les ascenseurs confortables des bureaux chics de Polanco, il paraîtrait parfaitement inconcevable d’esquisser le moindre mouvement vers la sortie, sans que toutes les femmes aient franchi les portes en premier. A la montée comme à la descente. Ladys first! on y échange des paroles de politesse obligatoire, mais je vous en prie, au revoir, passez une bonne journée, dans une atmosphère de franche convivialité. Exquis. 

En revanche au volant c’est une autre affaire. Comme dans tous les pays du monde, la voiture rend con. Voir tres con. Et le même garçon qui se confond en politesse au bureau, devient le dernier des mufles égoïste au volant de son bolide. c’en est caricatural. Les femmes ne sont pas en reste d’ailleurs, il s’agit de passer coûte que coûte devant les autres, même si s’agit de complètement bloquer une intersection, après moi le déluge.

Mais comme toujours, on finit par s’habituer à tout. A ne même plus être surpris par ce comportement débile, et à suivre le flot interminable des voitures, dans un trafic sursaturé. 

Puis vient l’ennui, la routine.

Au quotidien.

“Comme d’habituuuuuude”.Merde, TV5 Monde vient de rediffuser pour la xieme fois podium hier soir, Ca tape sur le système.

Alors, on se laisse rêver, Envie de photos. Pas assez de temps. Pourquoi pas mélanger le tout? Aussitôt dit aussitôt fait….La route devient le sujet de mes attentions, la meme qui finissait par m’ennuyer à mourir après 6 mois de traitement. Puis je me suis rendu compte que j’y appliquais mentalement systématiquement une sorte de filtre crade. Bien que les couleurs soient vibrantes en cette fin d’hiver, j’ai l’impression de défiler dans un film des années soixante. Vintage. Sale. Limite Lomo… J’inaugure donc officiellement une série “On the road again” vintage à souhait, Crade comme je l’aime. Ma vie en polaroïd, dans la pollution de matins embués ou dans le noir de journées de travail trop longues, perdu dans la mégapole. Shanghai me manque. Bon Nouvel An chinois…

Leave a Reply