MEXICO dans ta face
Une vie de voyages en photos et en histoires vécues
Printemps
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Palmas. 21 heures. L’air est encore chaud et lourd. Vacarme du flot incessant de voitures, je suis calé au volant depuis une bonne heure. Résigné. C’est devenu depuis presque trois ans mon quotidien. Je me surprends à ne même plus faire attention à la circulation, celle qui me surprenait tellement en arrivant. Un petit miracle s’est pourtant produit aujourd’hui. Pour nous rappeler sans doute que nous sommes sur la Terre et que la Terre est bien vivante.

Il fait de plus en plus chaud, la température a encore atteint allégrement les 28 degrés aujourd’hui, mais même ça on fini par s’y habituer. Tout est gluant, collant, même l’air. Noir, gris poisseux. il n’a pas plu une goutte depuis 5 mois, et la pollution atteint quotidienenemt des records. j’appuie sur le lave-glace. pas que j’en attende grand-chose, mais ça occupe. Dans l’obscurité, le pare-brise se couvre de gouttelettes qui réfléchissent les phares. Puis nerveusement les balais s’affairent a tartiner le mélange d’huile, de suie, et de pollen sur toute la surface. bien méticuleusement. bien joue mon grand c’est un succès. Dans le doute j’en remets une couche, et les essuie-glaces de continuer leur bête mouvement vain en laissant des grosses traces baveuses a chaque passage… Je ne m’en lasse pas! quel amusement ! le trafic n’a pas bouge et je me réjouis de ma petite activité… on devient complètement débile dans ce trafic. je suis en train de m’extasier sur le balai inutile des essuie-glaces de ma bagnole. quand il n’y a plus assez d’eau pour que le mouvement langoureux des balais se poursuive, ils se mettent a tressauter. Accompagnés d’un râle caractéristique qui semble dire “a quoi bon ?”. Ca a toujours fait naître chez l’ingénieur que je suis a grand moment d’empathie. rapidement je dois venir au secoure de ces fidèles serviteurs, garants de ma bonne visibilité en ajoutant encore un peu d’eau. Écourter leur agonie. Ils reprennent leur danse, comme pour me remercier cette coopération bienveillante.

Les voitures continuent de filer dans la nuit de l’autre côté de la chaussée direction Santa Fe, Sortir. Sortir de la ville, de son ventre trop bruyant… Roule ma poule. Et c’est la que j’ai prêté attention a ce bête arbre laissé pour mort au milieu de l’avenue. Un tronc gris, posé là par quelque architecte d’espace vert utopiste. Il verdit le bougre! celui-là même qui avait été si misérable tout l’hiver reprend du poil de la bête et dans le lieu le plus inattendu décide de livrer son combat pour survivre. Aussi improbable que cela puisse paraître, naissent des branches bien vertes, bien vivantes! quel miracle! . Le petit plaisir du jour dont je parlais plus haut, c’est qu’aujourd’hui, après si longtemps, il a plu. Un gros orage, avec tonnerre et tout. A Mexico, pluie veut dire lavage. et toute cette poussière retombe emportée par la bénédiction.  Bon faut pas déconner non plus, il ne tombe pas de l’eau de lourde et les pluies acides marqueront encore un peu plus mon pare-brise, mais qu’importe. Cette pluie salvatrice annonce le début d’un printemps magnifique que seul la nature luxuriante de Mexico sait produire: des arbres entiers de violet soutenu, des bougainvilliers qui explosent de rose. Bref le printemps. Plus subtile, puisque moins immédiatement évident que s’il y avait eu un vrai hiver. Vive le printemps !, vive les pluies acides et courage a cet arbre, exemple de courage parmi les courageux, de se fendre de quelques pousses bien vertes et participer a son modeste niveau a l’effort d’une nature mise a mal…

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