MEXICO dans ta face
Une vie de voyages en photos et en histoires vécues
Société Mexicaine
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J’attends. Je patiente avec une foule qui se presse. Une jeune femme en uniforme et exagérément maquillée me souhaite la bienvenu. Je suis accueilli. Je suis accueilli dans cet endroit et guidé vers le fond de l’avion. Et la c’est toujours le même scénario: je glisse mes mains sur le cuir des fauteuil “business” pour bien sentir ce a quoi je n’aurai pas droit pour ce voyage. Une grosse dame cherche a monter au dessus de sa tête une valise remplie de cailloux, à en juger par les effort qu’elle doit déployer. Personne pour l’aider, il s’agit de ne pas se faire un lumbago le jour du départ pour aider une bonne femme! Chacun pour sois. Planté dans le passage, j’ai tout le temps de contempler le carré vip, d’evaluer la largeur des sièges, le moelleux des coussins, l’espace pour y étendre ses jambes. En même temps il y a toujours une sorte de gene a fixer les clients confortablement assis sur leurs sieges luxueux. Ils nous ignorent, nous et la grosse dondon qui a fini par se faire engueuler par l’hôte qui venait de lui souhaiter bienvenu a l’entrée dans le cockpit. la vieille, elle cherche pas les embrouilles, elle se laisse glisser docilement, résignée, dans ce miracle de confort que l’on appelle la classe “touriste” (le terme politiquement correct pour ne pas dire “pauvre”, ou “commun des mortels”). Je pense que des ingénieurs ont du plancher des heures pour achever un tel inconfort: ils ont du bien se marrer à essayer de faire rentrer le maximum de pauvres passagers dans la bétaillère… Je laisse le doux monde de la classe “bizness” en passant le fameux rideau de séparation, ou se poste une hôtesse qui monte la garde. Elle est en uniforme de la compagnie, une sorte de truc sexy comme une porte de frigo, bref en dessous du genoux… et c’est au moment de m’insérer a grand peine dans mon espace, déjà a moitié acaparé par mon voisin obèse, que j’ai trouvé l’image qui défini le mieux l’organisation sociale de la société Mexicaine: Le Mexique c’est organisé comme un avion… oui! l’allégorie m’enchante et m’évite de penser aux 4 heures qui me séparent de la délivrance… L’organisation de la société mexicaine ressemble franchement a s’y tromper a celle d’un avion: une toute petite partie de la population est admise en classe business, et tout lui est du. puis on retrouve le fond de l’avion… avec ses injustices sociales très marquées, il ne reste pas toujours des sandwichs pour les dernières rangées.. On est en droit de discuter les choix du pilote, qui en temps de tempête décide d’aborder la tempête de front. d’homme a homme. Au fond de l’avion ca secoue pas mal et ca commence a grincer. La guerre au narcotrafic que mène Calderon de front se solde par beaucoup de sang versé au fond de l’avion. heureusement, le rideau sépare des éclaboussures…Au fond Calderon et Sarkozy ne devraient pas rester en froid diplomatiques, ils sont les mêmes va t en guerre… ” Je suis le pilote, qui vous parle depuis le cokpit, et je vous annonce que ça va secouer! attachez vos ceintures…”, le couloir d’entrée de l’avion serait la vitrine de luxe de Polanco et son avenue Masarik, ou toutes les marques étalent leur luxe tapageur. “On regarde, mais on va vers le fond de l’avion s’il vous plait!” Un moment, perdu dans mon allégorie, je me demande si je peux corrompre l’hôtesse en uniforme pour aller utiliser les toilettes de business vu que la queue du fond devrait s’éterniser… Ce qui est en uniforme se corrompt… Je réalise que je suis resté depuis trop longtemps au Mexique! Dans quelques heures je serais a New York. Ceux du fond de l’avion m’ont dit :”Ahhhhhh, te vas al primer mundo!” ( ahhh tu vas au “premier monde” par opposition au “tiers monde”, et avec pas mal d’ironie…)

2 Comments to “Société Mexicaine”

  1. Home says:

    Hi !
    Complètement d’accord avec la métaphore: c’est bien l’image de nos sociétés, et pas seulement de la mexicaine ! Tu aurais pu ajouter que les places après le rideau font l’objet d’un tirage au sort: nos sociétés ne pouvant assurer à tous les “classes touristes” une place décente pour le voyage, c’est une loterie qui décide de ceux qui pourront embarquer, les autres, résignés, faisant la queue au comptoir de la compagnie (quand il est ouvert !) et essayant de survivre dans ce non-lieu que constitue le hall de l’aérogare, certains restant même coincés dans la zone hors douane …
    Bon séjour à Big Apple …

  2. Anonyme says:

    Que de sarcasme et d’ironie qui finalement reflète bien la réalité de la société actuelle… Photos toujours aussi bien choisies. Que s’est-il donc passé depuis le 20 Mars? Amicalement.

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